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Emplois de jardinier paysagiste : MSA, Certiphyto et convention du paysage

· 10 min de lecture
Un jardinier taillant une haie dans un jardin entretenu

Trois annonces, le même mot dans le titre. Une entreprise du Nord cherche un « ouvrier paysagiste entretien, permis B, tournée de copropriétés ». Une société de Gironde recrute un « ouvrier qualifié création, CACES engins de chantier, lecture de plan ». Une collectivité des Hauts-de-Seine publie un poste de « jardinier, Certiphyto opérateur exigé ». Trois métiers, trois exigences, et une chose commune que la plupart des candidats découvrent en recevant leur premier bulletin de paie : dans le paysage, on ne cotise pas là où les autres cotisent.

Ce guide reprend ce qui décide réellement d’une offre en France : le régime agricole et ce qu’il change, la grille de la convention du paysage, les diplômes qui servent, le Certiphyto, le permis remorque, la saison, et la différence entre travailler pour une entreprise et travailler pour des particuliers.

La MSA : la première ligne qui distingue ce métier

Les entreprises de travaux et services paysagers relèvent du régime agricole. Votre employeur cotise à la Mutualité sociale agricole et non à l’Urssaf, et cette différence n’est pas administrative : la MSA fonctionne en guichet unique. Elle encaisse les cotisations et verse aussi les prestations, alors que dans le régime général l’Urssaf encaisse pendant que l’assurance maladie, les allocations familiales et la retraite sont servies par des caisses distinctes.

Quatre conséquences concrètes pour vous. Votre dossier maladie, vos indemnités journalières et votre carte Vitale sont gérés par la MSA, ce qui suppose de signaler votre changement de régime quand vous arrivez dans le paysage ou quand vous en sortez — c’est la cause la plus fréquente de remboursements bloqués pendant quelques semaines. Votre suivi médical passe par la santé au travail en agriculture, avec une visite d’information et de prévention à l’embauche et un suivi renforcé si le poste expose à des risques particuliers. Votre retraite de base est ouverte au régime des salariés agricoles, dont les règles sont alignées sur celles du régime général, la complémentaire restant l’Agirc-Arrco comme partout. Et pour les contrats courts, l’employeur peut passer par le titre emploi simplifié agricole, un dispositif propre au régime agricole qui simplifie l’embauche saisonnière.

Ce n’est ni un avantage ni un inconvénient en soi, mais c’est un interlocuteur différent : si vous appelez la mauvaise caisse, on vous répondra que votre dossier n’existe pas.

Position et coefficient : ce qui se négocie vraiment

La convention collective nationale des entreprises du paysage classe chaque poste dans une position assortie d’un coefficient, et à chaque coefficient correspond un salaire minimum conventionnel revalorisé par avenant. Ce minimum ne peut jamais être inférieur au Smic, mais il peut lui être supérieur, et il progresse quand la grille est renégociée.

Le piège est là. Deux offres affichées « au Smic » ne se valent pas : l’une vous positionne à un coefficient qui suivra la grille, l’autre vous laisse collé au minimum légal. Posez trois questions avant de signer, et faites écrire les réponses sur le contrat. Quelle position et quel coefficient ? Mon diplôme est-il pris en compte dans ce positionnement ? À quelle échéance la classification est-elle revue ? Vérifiez ensuite que la position figure bien sur votre bulletin de paie, et qu’elle correspond à ce que vous faites : un ouvrier qui part seul sur une tournée, qui choisit ses interventions et qui rend compte au client n’occupe pas le poste d’un débutant accompagné.

La convention porte aussi ce qui ne se voit pas sur le taux horaire : prime d’ancienneté, régime de prévoyance et complémentaire santé de branche, indemnisation des repas et des déplacements. Ces lignes se cumulent sur une année et font l’écart entre deux offres identiques en apparence.

Les diplômes et ce qu’ils ouvrent réellement

Les diplômes du paysage sont délivrés par le ministère de l’Agriculture, ce qui les distingue des titres du bâtiment. Aucun n’est légalement obligatoire pour être embauché comme ouvrier, mais chacun fait basculer le positionnement dans la grille et surtout l’accès aux postes autonomes.

Les voies de formation du paysage en France. Les durées correspondent au parcours classique en apprentissage ou en formation initiale ; les parcours adultes sont plus courts.
Diplôme ou titreDurée typeCe qu’il ouvre
CAPA Jardinier paysagiste2 ansLa porte d’entrée du métier : entretien et travaux de création simples, sous conduite d’un chef d’équipe.
BPA Travaux des aménagements paysagers1 à 2 ansMême niveau, voie privilégiée en apprentissage et en reconversion adulte.
Titre professionnel Ouvrier du paysage6 à 9 moisParcours court pour adultes en reconversion, centré sur la pratique du chantier.
BP Aménagements paysagers2 ansOuvrier qualifié et premier pas vers chef d’équipe : organisation du chantier et conduite d’engins.
Bac professionnel Aménagements paysagers3 ansPostes qualifiés en création, lecture de plan, implantation, encadrement d’une petite équipe.
BTSA Aménagements paysagers2 ans après le bacChef de chantier, conducteur de travaux, bureau d’études, conception et chiffrage.
Certificat de spécialisation Taille et soins des arbres6 mois à 1 anL’élagage, qui est un métier distinct : grimpe, travaux sur cordes, diagnostic de l’arbre.
Certificat de spécialisation Constructions paysagères6 mois à 1 anMaçonnerie paysagère, dallage, murets, terrasses : la part la plus technique de la création.

La validation des acquis de l’expérience permet par ailleurs de transformer plusieurs années de chantier en diplôme, et c’est ce qui débloque le plus sûrement le passage à un poste de chef d’équipe.

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Certiphyto : qui en a besoin, et pourquoi moins de monde qu’on croit

Le certificat individuel pour la vente et l’utilisation des produits phytopharmaceutiques, communément appelé Certiphyto, est exigé de toute personne qui applique, achète ou encadre l’usage de ces produits à titre professionnel. Il existe en plusieurs catégories selon le rôle tenu, notamment opérateur pour celui qui applique et décideur pour celui qui organise, et la catégorie dépend aussi du fait que l’entreprise soit ou non soumise à agrément.

Mais le paysage français a changé. La loi Labbé a interdit l’usage de ces produits dans les espaces verts ouverts au public, puis chez les particuliers, avant d’être étendue à d’autres lieux fréquentés par le public. Le désherbage manuel, mécanique et thermique est devenu la norme. Beaucoup de postes d’entretien n’ont donc plus besoin du certificat, et une annonce qui l’exige dit quelque chose du chantier : terrains de sport, golf, production horticole, gestion d’espèces invasives ou situations faisant l’objet de dérogations.

Trois points qu’il faut connaître avant de répondre à une telle annonce. Le certificat est valable cinq ans et se renouvelle par une formation courte à faire avant l’échéance : une fois expiré, vous repassez le parcours complet. Les produits de biocontrôle et ceux utilisables en agriculture biologique restent des produits phytopharmaceutiques : leur application professionnelle exige le même certificat. Enfin, ne confondez pas le certificat individuel avec l’agrément dont doit disposer une entreprise qui applique des produits en prestation de service : le premier vous appartient, le second appartient à l’employeur. Une entreprise qui vous demande de traiter chez un client sans détenir cet agrément vous fait porter un risque qui n’est pas le vôtre.

Permis, remorque et engins : ce que le poste exige vraiment

Le permis B figure dans presque toutes les annonces, et c’est rarement suffisant. Avec le permis B seul, vous tractez une remorque dont le poids total autorisé en charge n’excède pas 750 kilos, ou une remorque plus lourde tant que la somme des poids totaux autorisés du véhicule et de la remorque reste sous 3,5 tonnes. Entre ce seuil et 4,25 tonnes cumulées, il faut la formation B96 : une journée, sans examen, qui ajoute une mention sur le permis. Au-delà, c’est le permis BE, avec épreuve.

Faites le calcul avant de promettre quoi que ce soit. Un fourgon d’entretien chargé, avec une remorque portant une tondeuse autoportée, un souffleur et des sacs de déchets verts, franchit vite le premier seuil ; une remorque porte-engin avec une mini-pelle le franchit systématiquement. Si le poste l’exige, la formation se négocie à l’embauche et se fait financer.

Engins : ce que la loi demande, et ce que l’annonce demande

Ce que la réglementation exige pour conduire un engin, c’est une autorisation de conduite délivrée par l’employeur, adossée à une formation, à un contrôle des connaissances et à un avis médical d’aptitude. Le CACES est la façon la plus courante de prouver cette formation, et c’est lui que les annonces citent. Dans le paysage, trois familles reviennent : les engins de chantier compacts pour la mini-pelle et la chargeuse, indispensables en création ; les plateformes élévatrices pour les interventions en hauteur ; les chariots élévateurs pour les dépôts et les pépinières.

Tronçonneuse, hauteur et élagage

Il n’existe pas de permis tronçonneuse, mais l’employeur a l’obligation de vous former à son usage et de fournir les équipements de protection : pantalon ou jambières anti-coupure, casque forestier avec visière et protection auditive, gants et chaussures adaptées. Ces équipements sont à sa charge, jamais à la vôtre.

Pour le travail en hauteur, le principe du droit français est la priorité aux protections collectives : on utilise une plateforme élévatrice quand c’est possible. La grimpe avec accès sur cordes n’est admise que lorsque les autres moyens ne conviennent pas, elle exige une formation spécifique et la présence d’une seconde personne. Si une annonce d’ouvrier paysagiste mentionne l’élagage en grimpe sans parler de formation, elle vous demande d’exercer un autre métier sans en avoir les moyens.

Création ou entretien : deux métiers sous le même intitulé

C’est la distinction structurante du secteur, et celle que les candidats négligent le plus. Elle détermine votre rythme, votre matériel, votre saison, votre exposition physique et souvent votre progression.

Les deux grandes familles du paysage. Une même entreprise peut faire les deux ; beaucoup n’en font qu’une.
EntretienCréation (aménagement)
Le travailTonte, taille de haies, débroussaillage, désherbage manuel et mécanique, ramassage des feuilles, fleurissement, arrosage.Terrassement, nivellement, drainage, engazonnement, plantation, maçonnerie paysagère, clôtures, terrasses, arrosage intégré, éclairage extérieur.
Le rythmeTournées récurrentes, contrats annuels, passages planifiés, plusieurs sites par jour.Chantiers de quelques jours à quelques semaines, un site à la fois, phases successives.
Les clientsCopropriétés, collectivités, sièges d’entreprise, particuliers sous contrat.Maîtres d’ouvrage privés, promoteurs, collectivités, particuliers en projet.
Le matérielTondeuse autoportée et autotractée, débroussailleuse, taille-haie sur perche, souffleur, scarificateur, sécateur électrique.Mini-pelle, chargeuse compacte, plaque vibrante, niveau laser, bétonnière, disqueuse, outillage de pose.
La saisonPic de mars à octobre, creux hivernal marqué.Plus régulière ; l’hiver, hors végétation, reste une bonne période pour terrasser et construire.
Ce qui fait progresserAutonomie sur tournée, reconnaissance des végétaux, périodes de taille, relation client.Lecture de plan, implantation, conduite d’engins, maçonnerie, réseaux d’arrosage.

Si vous débutez, l’entretien apprend les végétaux, le rythme et le contact client. Si vous stagnez au minimum conventionnel, ce qui paie est de l’autre côté : la conduite d’engins, la maçonnerie paysagère et l’arrosage intégré sont les trois compétences que les entreprises de création peinent le plus à recruter.

La saison, la morte-saison et votre paie

Le paysage vit au rythme de la végétation. La tonte occupe l’essentiel des semaines du printemps à l’automne, avec un pic de croissance où les tournées se resserrent. L’automne apporte les plantations et le ramassage des feuilles, l’hiver la taille, l’élagage et les chantiers de création.

Une contrainte s’ajoute désormais dans beaucoup de cahiers des charges : la taille des haies est évitée en période de nidification, du printemps au milieu de l’été. Un candidat qui connaît cette règle et sait l’expliquer à un client se distingue immédiatement.

Point important, et souvent mal compris : le paysage n’est pas le bâtiment. Vous ne relevez pas de la caisse congés intempéries du BTP, et il ne faut donc pas compter sur une indemnisation automatique quand la pluie ou le gel arrêtent le chantier. Les entreprises utilisent d’autres outils, qu’il faut faire préciser avant de signer : l’aménagement du temps de travail sur l’année prévu par la convention, la récupération des heures perdues, ou l’activité partielle. Posez la question telle quelle — « comment sont traitées les journées d’intempéries ici ? » — et écoutez si la réponse est précise.

Si vous êtes recruté en contrat saisonnier, demandez par écrit s’il existe une clause de reconduction pour la saison suivante. Une saison reconduite trois années de suite chez le même employeur vaut mieux qu’un contrat plus long chez quelqu’un qui ne rappelle personne.

Personne de sérieux ne vous fait payer pour travailler. Ni caution d’outillage, ni « frais de dossier », ni équipements de protection facturés au salarié : le pantalon anti-coupure, le casque, les protections auditives et les chaussures sont à la charge de l’employeur. Méfiez-vous d’un employeur qui vous demande de vous inscrire comme micro-entrepreneur pour faire ce qui est en réalité un travail de salarié — horaires imposés, matériel de l’entreprise, clients de l’entreprise, ordres d’un chef d’équipe : c’est un salariat déguisé, et c’est vous qui portez le risque en cas d’accident. Refusez le travail non déclaré même pour quelques journées : sans déclaration, il n’y a ni couverture accident du travail, ni indemnités journalières, ni trimestres de retraite, et le client perd de toute façon son avantage fiscal. Enfin, n’envoyez ni coordonnées bancaires, ni numéro de sécurité sociale, ni photo de votre pièce d’identité avant une promesse d’embauche écrite d’une entreprise dont vous avez vérifié le numéro Siret.

Entreprise du paysage ou particulier employeur : deux cadres différents

Le jardinage est l’une des activités relevant des services à la personne, et cela crée un second marché à côté des entreprises du paysage. Les deux voies portent le même geste technique mais pas le même cadre.

En emploi direct, le particulier vous déclare, le plus souvent par le chèque emploi service universel. Vous devenez salarié de ce particulier : vous relevez alors du régime général géré par l’Urssaf — et non de la MSA — et de la convention collective des particuliers employeurs et de l’emploi à domicile. Vous avez autant d’employeurs que de clients, donc autant de contrats, de bulletins et de fins de contrat, et les trajets entre deux jardins ne sont généralement pas payés. Le matériel est souvent celui du client, et sa conformité n’est pas garantie.

En mode prestataire, vous êtes salarié d’une entreprise déclarée au titre des services à la personne, qui facture le client. C’est l’entreprise qui porte le matériel, l’assurance et la responsabilité, et vous gardez un seul employeur.

Côté client, l’avantage fiscal explique beaucoup d’écarts de prix : les petits travaux de jardinage ouvrent droit à un crédit d’impôt de 50 % des sommes versées, dans une limite annuelle propre à cette activité — plus basse que le plafond général des services à la personne. Il existe aussi un mécanisme d’avance immédiate qui évite au client d’attendre l’année suivante. Deux conséquences pour vous : un prestataire non déclaré au titre des services à la personne ne permet pas au client d’en bénéficier, ce qui pèse sur le carnet de commandes ; et un client qui propose de payer sans déclaration se prive lui-même de cet avantage, ce qui est un bon argument pour refuser poliment.

Si vous travaillez pour des particuliers, être visible dans l’annuaire des professionnels vaut souvent plus qu’une candidature envoyée à dix entreprises.

Lire une annonce de jardinier ligne par ligne

  • « Entretien » ou « création ». Le premier mot du poste. S’il n’y est pas, demandez-le avant tout le reste : il détermine votre journée entière.
  • « Permis B exigé, BE apprécié ». Vous tracterez. Faites préciser le poids total du véhicule et de la remorque, et qui finance la formation B96 ou BE.
  • « CACES engins de chantier ». C’est un poste de création avec mini-pelle. Sans le certificat, vous pouvez être embauché, mais pas conduire : vérifiez si l’entreprise forme.
  • « Certiphyto exigé ». Vous traiterez. Demandez sur quels sites, avec quelle catégorie de certificat, et si l’entreprise dispose de l’agrément pour l’application en prestation de service.
  • « Autonome sur tournée ». Vous partirez seul avec une liste de clients et un véhicule. C’est une responsabilité réelle : elle doit se voir dans la position et le coefficient.
  • « Chef d’équipe ». Vous encadrerez et rendrez compte de l’avancement. Demandez la taille de l’équipe et le classement proposé.
  • « Contrat saisonnier mars-octobre ». Demandez la clause de reconduction, le traitement des intempéries et ce qui est prévu pour l’hiver.
  • « Élagage, travaux en hauteur ». Autre métier. Exigez de savoir si l’on grimpe ou si l’on travaille en nacelle, et quelle formation est prévue.
  • Ce qui n’est pas écrit. Heure et lieu de prise de poste, indemnisation des repas et des trajets, véhicule et matériel fournis : ces points pèsent plus que le taux horaire.

Le salaire réel : Smic, grille et ce qu’il y a autour

Le Smic est le plancher absolu et il est revalorisé au moins une fois par an ; au-dessus, c’est la grille de la convention qui commande. Trois éléments écrits, en plus de la position et du coefficient, séparent deux offres au même taux horaire.

L’indemnisation des repas et des déplacements, prévue par la convention, dont le mode de calcul figure dans les avenants : sur un mois de tournées, la différence est substantielle. Le point de départ de la journée : si vous devez passer au dépôt avant de rejoindre le chantier, l’heure de départ du dépôt marque en principe le début du temps de travail, et cela doit être écrit. Le matériel et le véhicule : un véhicule de service avec carburant, l’outillage et les équipements de protection fournis et entretenus représentent plusieurs milliers d’euros par an qui n’apparaissent nulle part sur la fiche de paie. Une offre plus basse au taux horaire dans une entreprise structurée dépasse régulièrement une offre plus haute sans aucune de ces lignes.

Un CV qu’un chef d’équipe lit en cinq secondes

La personne qui vous lit a une tournée en retard et cherche à savoir si vous serez opérationnel lundi matin. Mettez-le dans les cinq premières lignes.

  • Ligne un : permis et remorque. Permis B, mention B96 ou permis BE, véhicule personnel, mobilité. C’est la ligne qui fait passer devant, parce que sans elle vous ne sortez pas du dépôt.
  • Ligne deux : vos certificats et leur année. Certiphyto avec sa catégorie et son échéance, CACES par famille d’engin, formation travail en hauteur, sauveteur secouriste du travail. Écrivez les dates : un certificat expiré ne vaut rien.
  • Ligne trois : création ou entretien, avec des chiffres. « Tournée de 14 copropriétés, 4 hectares entretenus » ou « 3 000 m² engazonnés, 600 mètres linéaires de haies » disent tout. Les noms d’entreprises ne disent rien.
  • Ligne quatre : le matériel que vous maîtrisez. Tondeuse autoportée, autotractée, débroussailleuse, taille-haie sur perche, souffleur, mini-pelle et son tonnage, plaque vibrante, niveau laser, réseau d’arrosage intégré avec programmateur et électrovannes.
  • Ligne cinq : les végétaux. Savoir nommer les plantes, connaître les périodes de taille et reconnaître une maladie courante est la compétence la plus rare et la moins écrite. Citez-la explicitement.
  • Enfin, une référence nommée. Un chef d’équipe ou un conducteur de travaux joignable vaut plus qu’une attestation : dans ce métier, une haie mal taillée se voit pendant deux ans et suit un nom.

Où trouver les offres de jardinier sur Hirovo

Les offres sont classées par pays, puis région, puis département, pour que vous cherchiez là où une prise de poste au dépôt à 7 h 30 est réellement possible.

En résumé

Dans le paysage, vous cotisez à la MSA et non à l’Urssaf, vous êtes classé dans une grille par position et coefficient, et vos diplômes viennent du ministère de l’Agriculture. Ces trois faits suffisent à décrire ce qui distingue ce métier du bâtiment, avec lequel on le confond souvent.

Avant de signer, faites écrire quatre choses : la position et le coefficient, l’heure et le lieu de prise de poste, le traitement des intempéries et de la morte-saison, et qui finance la formation dont le poste a besoin — remorque, engin ou Certiphyto. Et sur votre candidature, mettez le permis et les certificats en première ligne, avec leurs dates : c’est la seule partie que tout le monde lit.

Questions fréquentes

Pourquoi les entreprises du paysage dépendent-elles de la MSA et pas de l’Urssaf ?

Parce que le paysage relève du régime agricole. Les entreprises de travaux et services paysagers sont rattachées à la Mutualité sociale agricole, qui joue le rôle de guichet unique : elle encaisse les cotisations et verse aussi les prestations, là où dans le régime général l’Urssaf encaisse pendant que la caisse d’assurance maladie, la caisse d’allocations familiales et la caisse de retraite versent chacune de leur côté. Concrètement, votre bulletin de paie mentionne la MSA, votre dossier maladie et vos indemnités journalières sont gérés par elle, votre suivi médical passe par la santé au travail en agriculture et vos droits à la retraite de base sont ouverts au régime des salariés agricoles, avec des règles alignées sur le régime général. La retraite complémentaire, elle, reste Agirc-Arrco comme ailleurs.

Que changent la position et le coefficient sur ma fiche de paie ?

La convention collective nationale des entreprises du paysage classe chaque poste dans une position assortie d’un coefficient, et à chaque coefficient correspond un salaire minimum conventionnel revalorisé par avenant. Ce minimum ne peut jamais être inférieur au Smic, mais il peut lui être supérieur. Deux offres affichées « au Smic » ne se valent donc pas : celle qui vous positionne plus haut dans la grille progresse avec la grille, tandis que l’autre reste collée au minimum légal. Demandez toujours la position et le coefficient avant de signer, faites-les écrire sur le contrat et sur le bulletin, et vérifiez qu’ils correspondent à ce que vous faites réellement — un ouvrier autonome sur une tournée n’est pas classé comme un débutant accompagné.

Le Certiphyto est-il obligatoire pour être jardinier ?

Pas pour tous les postes, et beaucoup moins qu’on ne le croit depuis la loi Labbé, qui a interdit l’usage des produits phytopharmaceutiques dans les espaces verts ouverts au public puis chez les particuliers, avant d’être étendue à d’autres lieux fréquentés. Le certificat individuel produits phytopharmaceutiques reste exigé de toute personne qui applique, achète ou encadre l’usage de ces produits dans un cadre professionnel, y compris pour des produits de biocontrôle ou utilisables en agriculture biologique. Il existe en plusieurs catégories, notamment opérateur et décideur, et il vaut cinq ans. Le renouvellement se fait par une formation courte avant l’échéance : si vous laissez expirer, vous repassez le parcours complet. Attention à ne pas confondre : le Certiphyto est individuel, tandis que l’agrément d’entreprise pour l’application en prestation de service appartient à l’employeur.

Le permis B suffit-il pour tracter une remorque de jardinier ?

Souvent non. Avec le permis B seul, vous pouvez tracter une remorque dont le poids total autorisé en charge ne dépasse pas 750 kilos, ou une remorque plus lourde à condition que la somme des poids totaux autorisés du véhicule et de la remorque reste sous 3,5 tonnes. Au-delà, et jusqu’à 4,25 tonnes cumulées, il faut la formation B96, une journée sans examen qui ajoute une mention sur le permis. Encore au-dessus, c’est le permis BE, avec épreuve. Or un fourgon d’entretien avec une remorque chargée d’une tondeuse autoportée, ou une remorque porte-engin avec une mini-pelle, dépasse très vite ces seuils. Vérifiez la configuration réelle du véhicule avant de promettre que vous pouvez conduire, et faites financer la formation par l’employeur si le poste l’exige.

Comment se passe la morte-saison quand il n’y a plus de tonte ?

Le paysage n’est pas le bâtiment : vous ne relevez pas de la caisse congés intempéries du BTP, et il ne faut donc pas compter dessus quand la pluie ou le gel arrêtent le chantier. Les entreprises utilisent d’autres outils, qu’il faut faire préciser avant l’embauche : l’aménagement du temps de travail sur l’année prévu par la convention, qui permet de dépasser les horaires en pleine saison et de réduire l’hiver, la récupération des heures perdues, ou l’activité partielle. Beaucoup d’entreprises basculent aussi l’hiver vers la création, la taille et l’élagage, qui se pratiquent hors période de végétation : une entreprise qui fait les deux métiers offre mécaniquement plus de continuité qu’une entreprise d’entretien pur.

Vaut-il mieux travailler pour une entreprise du paysage ou pour des particuliers ?

Ce sont deux cadres juridiques distincts, pas deux variantes du même emploi. Salarié d’une entreprise du paysage, vous relevez de la MSA et de la convention du paysage, avec une grille, une prévoyance de branche, du matériel fourni et de la formation. Employé directement par un particulier via le Cesu, vous relevez du régime général géré par l’Urssaf et de la convention des particuliers employeurs, avec autant d’employeurs que de clients, des trajets entre chaque, et du matériel qui n’est pas toujours le vôtre ni conforme. Le particulier bénéficie d’un crédit d’impôt de 50 % sur les petits travaux de jardinage, dans une limite annuelle propre à cette activité, ce qui explique une partie des écarts de prix. Un point n’est en revanche pas négociable : le travail non déclaré vous laisse sans couverture en cas d’accident et sans droits à la retraite, et prive le client de son avantage fiscal.


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