Un parent qui ne peut plus faire ses courses seul, une sortie d’hôpital qui approche, une chute qui a inquiété tout le monde : c’est souvent dans l’urgence que l’on cherche une aide à domicile pour une personne âgée. Qui paie ? Faut-il passer par un service ou embaucher soi-même ? Que peut faire une auxiliaire de vie, et que doit-elle laisser aux soignants ?
Ce guide suit l’ordre dans lequel les décisions se prennent : le type d’aide dont votre proche a besoin, les financements à demander, les trois façons d’employer quelqu’un, le cas des nuits, puis l’annonce, le choix de la personne et les règles de sécurité. Il s’adresse aux familles comme à la personne âgée elle-même, qui peut tout à fait être l’employeur.
Aide à domicile pour personne âgée : aide, accompagnement ou soins ?
Trois métiers se croisent chez une personne âgée. Les confondre crée des malentendus dès la première semaine, et parfois des risques.
- Aide ménagère : entretien du logement, linge, vaisselle, parfois les courses.
- Auxiliaire de vie (ou assistante de vie) : aide aux actes de la vie quotidienne. Le lever et le coucher, l’habillage, l’aide à la toilette, les repas, les déplacements dans le logement, les courses et les rendez-vous accompagnés. Et une part moins visible : la conversation, les sorties, le maintien des habitudes.
- Soins : infirmier ou infirmière à domicile, aide-soignante, service de soins infirmiers à domicile (SSIAD). Pansements, injections, suivi d’un traitement, soins d’hygiène quand l’état de santé l’exige. Ces interventions se font en général sur prescription médicale.
La règle à retenir : une auxiliaire de vie employée par un particulier ne réalise pas d’actes de soins infirmiers. Si vous cherchez « une aide-soignante à domicile », sachez que ce métier s’exerce en principe sous la responsabilité d’un infirmier. Les soins passent donc par un SSIAD ou un infirmier libéral, sur prescription. Une aide-soignante que vous embauchez vous-même travaillera chez vous comme auxiliaire de vie : son expérience est précieuse, mais elle ne fera pas de soins.
Beaucoup de familles combinent les deux : un passage infirmier pour les soins, une auxiliaire de vie pour le reste de la journée. Certains candidats ont un diplôme du secteur, comme le DEAES (accompagnant éducatif et social) ou le titre professionnel d’assistant de vie aux familles. C’est un bon signal, pas une obligation ; demandez à voir le document.
Financer l’aide à domicile d’une personne âgée
L’APA, à demander au conseil départemental
L’allocation personnalisée d’autonomie (APA) s’adresse aux personnes de 60 ans et plus qui ont perdu une partie de leur autonomie. La demande se dépose auprès du conseil départemental du lieu de résidence. Une équipe médico-sociale évalue ensuite la situation, en général lors d’une visite au domicile, avec la grille AGGIR. Cette grille classe la perte d’autonomie en six groupes, du GIR 1, le plus dépendant, au GIR 6. Seuls les GIR 1 à 4 ouvrent droit à l’APA.
L’évaluation aboutit à un plan d’aide : des heures d’aide à domicile, parfois un accueil de jour, un hébergement temporaire ou des aides techniques. Une participation peut rester à la charge de la personne selon ses ressources. Selon les départements, l’allocation est versée à la personne, directement au service qui intervient, ou sous forme de CESU préfinancé.
Caisse de retraite et mutuelle
Si votre proche relève du GIR 5 ou 6, ou en attendant la réponse du département, contactez sa caisse de retraite principale. Beaucoup proposent une aide ponctuelle, notamment pour le retour à domicile après une hospitalisation. Certains contrats de mutuelle prévoient aussi quelques heures d’aide après un séjour à l’hôpital : relisez les garanties.
Crédit d’impôt et exonération
Les dépenses d’aide à domicile ouvrent droit à un crédit d’impôt de 50 %, dans la limite d’un plafond annuel. Il porte sur ce qui reste réellement payé, une fois déduites les aides comme l’APA. C’est un crédit et non une réduction : il est remboursé même à une personne non imposable. Si c’est vous, et non votre parent, qui payez, les règles sont particulières ; vérifiez-les sur impots.gouv.fr avant de décider qui sera l’employeur.
Lorsque la personne âgée est elle-même l’employeur, une exonération de cotisations patronales peut s’appliquer, notamment à partir de 70 ans ou pour les bénéficiaires de l’APA, sous conditions. Vérifiez auprès du CESU ou de l’Urssaf qu’elle est bien appliquée.
Emploi direct, mandataire ou prestataire : qui emploie la personne ?
Il existe trois façons de faire intervenir quelqu’un chez votre proche. Elles se distinguent surtout par une question : qui est l’employeur, et donc qui porte les obligations.
| Mode | Qui emploie | Ce qui vous revient | Points de vigilance |
|---|---|---|---|
| Emploi direct | Vous, ou la personne âgée, comme particulier employeur | Recruter, signer le contrat, déclarer via le CESU, gérer congés et remplacements | Vous appliquez la convention collective et gérez la fin du contrat ; prévoyez qui remplace pendant les absences |
| Mandataire | Vous restez l’employeur | La structure présélectionne des candidats et prend en charge les formalités, contre des frais de gestion | Les obligations d’employeur restent les vôtres ; vérifiez l’agrément de la structure et ce que couvrent les frais |
| Prestataire (SAAD) | Le service d’aide et d’accompagnement à domicile, autorisé par le conseil départemental | Signer un contrat de prestation, régler la facture | Vous ne choisissez pas toujours l’intervenant, qui peut changer ; le coût horaire est en général plus élevé |
L’emploi direct donne le plus de maîtrise : vous choisissez la personne et les horaires, et la relation reste stable. En contrepartie, tout repose sur vous, y compris les remplacements pendant les congés ou un arrêt maladie. Le prestataire décharge la famille de la gestion, ce qui compte quand la dépendance est lourde ou que vous habitez loin. Le mandataire se situe entre les deux.
Les démarches de l’emploi direct (CESU, contrat, déclaration, congés) sont détaillées dans notre guide pour trouver une femme de ménage ; elles valent aussi pour une auxiliaire de vie. Si votre parent est l’employeur, c’est lui qui signe, avec votre aide. S’il n’est plus en mesure de décider seul, parlez-en à son médecin et renseignez-vous sur les mesures de protection juridique avant de signer quoi que ce soit en son nom.
Sur Hirovo, publier une annonce est gratuit. Elle est publiée parmi les offres de votre région : les personnes qui font ce travail près de chez vous la voient, postulent ou vous écrivent dans l’application. Le choix vous appartient.
Publier une annonce gratuite →Nuits et garde 24 h : ce qu’une seule personne ne peut pas assurer
Quand votre proche ne peut plus rester seul la nuit, on cherche vite « quelqu’un qui vive sur place ». La convention collective des particuliers employeurs encadre précisément ces situations. Elle distingue le travail effectif, les heures de présence responsable, pendant lesquelles le salarié peut utiliser son temps pour lui tout en restant vigilant, et la présence de nuit, où il dort sur place dans une pièce séparée et n’intervient qu’en cas de besoin.
Chaque régime a ses propres règles de rémunération et de durée. Si les réveils deviennent réguliers, la nuit n’est plus une simple présence et la convention prévoit un autre cadre : vérifiez-le avant de rédiger le contrat.
Surtout, une seule personne ne peut pas couvrir 24 heures sur 24, tous les jours. Le droit du travail impose un repos quotidien, un repos hebdomadaire et des congés. Une garde permanente s’organise donc à plusieurs : deux ou trois intervenants qui se relaient, des proches sur certains créneaux, un accueil de jour, un hébergement temporaire pour souffler, une téléassistance pour les moments sans présence.
Rédiger l’annonce et choisir la personne
Une annonce claire permet au candidat de se décider vite. Indiquez :
- la commune ou le quartier, jamais l’adresse ;
- les jours et les horaires, en précisant s’il y a des nuits ;
- le type d’aide attendu : lever, toilette, repas, sorties, compagnie ;
- les besoins de mobilité, par exemple une aide aux transferts ou un fauteuil roulant ;
- ce qui compte au quotidien : un animal, un étage sans ascenseur, un permis de conduire utile ;
- le mode d’emploi (par exemple emploi direct déclaré en CESU), la rémunération proposée et la date de début.
À ne pas écrire dans l’annonce : l’adresse exacte, le nom de votre proche, le détail de son état de santé, et surtout le fait que votre proche vit seul. Une annonce est publique. La commune et le type d’aide suffisent ; le reste se partage au téléphone puis en entretien, avec la personne que vous avez retenue.
Pour l’entretien, invitez votre proche. C’est chez lui ou chez elle que la personne travaillera, et son accord compte autant que le vôtre. Interrogez le candidat sur des situations concrètes : un refus de toilette, une chute, un moment de confusion. Demandez des références et appelez-les. Notre guide pour trouver une nounou détaille une manière de conduire l’entretien et la période d’essai avec quelqu’un qui travaille chez vous.
Un point de clarté : Hirovo ne vérifie ni l’identité, ni les diplômes, ni les antécédents des candidats, et n’est ni employeur, ni agence, ni service de soins. Ces vérifications et les obligations d’employeur vous reviennent. Votre annonce peut aussi apparaître parmi les offres d’emploi en France, classées par région puis par département.
Sécurité et respect : les règles à poser dès le début
Dans la plupart des cas, la relation se passe bien. Quelques règles simples, posées dès le premier jour, protègent votre proche comme la personne que vous embauchez.
- Une période d’essai accompagnée. Les premiers jours, un proche reste présent : vous transmettez les habitudes et vous voyez comment la relation s’installe.
- Les médicaments. Décidez avec le médecin traitant et, si besoin, un infirmier, qui prépare le pilulier et qui donne les traitements. Les actes de soins restent aux professionnels de santé.
- Les chutes. Dégagez les passages, retirez les tapis qui glissent, éclairez le trajet vers les toilettes la nuit. Convenez de la conduite à tenir : on ne relève pas seul une personne qui a mal, on appelle les secours.
- L’argent. Pas de carte bancaire, pas de code confidentiel. Pour les courses, une somme dédiée et un ticket pour chaque dépense, noté dans un carnet.
- La liste d’urgence. Affichée près du téléphone : le 15 pour le Samu, le 112, le médecin traitant, la pharmacie, deux proches joignables.
- Le cahier de liaison. L’intervenant y note le déroulement de la journée ; la famille le lit et y répond. Des visites régulières complètent ce lien.
Une caméra au domicile n’est envisageable qu’en informant clairement la personne qui travaille ; filmer un salarié à son insu n’est pas permis, et votre proche a lui aussi droit à son intimité. Si un signe vous inquiète, comme un changement d’humeur, des bleus inexpliqués ou de l’argent qui disparaît, le 3977 est le numéro national d’écoute contre la maltraitance des personnes âgées.
En résumé
Commencez par nommer le besoin : aide ménagère, auxiliaire de vie ou soins, sachant que les soins passent par un infirmier ou un SSIAD. Déposez la demande d’APA auprès du conseil départemental, pensez à la caisse de retraite et conservez les justificatifs pour le crédit d’impôt de 50 %.
Choisissez ensuite qui emploie : vous ou votre parent en emploi direct, avec ou sans mandataire, ou un service prestataire. N’attendez pas d’une seule personne une présence 24 heures sur 24. Publiez une annonce claire, sans adresse ni détail médical, faites participer votre proche à l’entretien et posez dès le départ les règles sur l’argent, les médicaments et les urgences.
